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NUMÉRO 1

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Zinc est née à l’automne 2003, au moment où le paysage littéraire québécois avait besoin d’elle.

 

Les revues littéraires en place à l’époque avaient la fâcheuse manie de publier en circuit fermé un lot d’écrivains déjà bien établis. Les occasions de faire leurs armes étaient donc rares pour les auteurs débutants. Pour contrer cette stagnation, Mélanie Vincelette, fondatrice des éditions Marchand de feuilles, a mis sur pied la revue Zinc avec l’intention d’injecter du sang neuf dans la littérature québécoise. De fait, le premier numéro de la « revue de la relève » a été reçu avec joie par le public et les médias. On voyait favorablement son projet de devenir l’équivalent du mythique bistro parisien des années 30 : un endroit où les artistes se rencontrent pour refaire le monde.

 

Il a d’ailleurs fallu bien peu de temps avant que le quotidien La Presse, le journal Voir et le magazine Canada-français ne disent de Zinc qu’elle était en train de marquer l’histoire du Québec avec sa troisième parution, « Lettres-réponses à VLB ». Ce numéro s’inscrivait dans le contexte de la publication par La Presse, le 29 février 2004, d’un article de Victor-Lévy Beaulieu où l’écrivain reprochait à la relève littéraire leur manque de curiosité et d’inventivité. La publication par Zinc des lettres-réponses que lui ont adressées plusieurs représentants du milieu littéraire a créé des remous et permis à tout un pan d’auteurs d’articuler une réflexion quant à leur écriture et à la vision du monde qu’elle propose. C’est dans la même lancée et pour enterrer la hache de guerre que la revue a fait paraître en 2007 le numéro « Lettres à un jeune poète ». En s’inspirant des célèbres missives de Rainer Maria Rilke à son admirateur, quatorze auteurs y ont livré leurs propres conseils d’écriture, d’édition et de lecture à la relève littéraire. Un nouvel outil de transmission du savoir entre les générations voyait le jour. Ce numéro a remporté une vive popularité.

 

En 2005, une autre polémique a été déclenchée par la publication du spécial « Nouvelles voix féminines de la littérature québécoise ». Ce numéro de Zinc rassemblait sous le thème du désir une série de nouvelles, poèmes et essais écrits par des femmes. De texte en texte, l’écriture se révélait souvent chirurgicale et le désir, cassé. La noirceur générale de l’ensemble a été scrutée, critiquée et encensée au fil d’échanges fiévreux sur les blogues. En 2006, Zinc a fait paraître son spécial « Nouvelles voix masculines de la littérature québécoise ». Les lecteurs ont été invités à y vérifier par eux-mêmes si, comme certains auteurs l’avaient proclamé, l’écriture des hommes se définissait par son caractère sanguin. Et finalement, pour clore le débat, le festival Métropolis bleu a accueilli en 2007 une table-ronde où les participants ont pu se prononcer quant à l’existence d’une différence entre l’écriture des femmes et celle des hommes.

 

Zinc rue dans les brancards, et elle s’amuse. Elle tâte de la science-fiction, de l’érotisme, du policier. Elle farfouille dans les faits divers et espionne les clients du supermarché.

 

Zinc défriche. Pierre par pierre, elle construit des lieux imaginaires. Mais surtout, elle arpente le monde qu’elle habite. Notre littérature raconte un territoire que la revue explore au fil de numéros sur les forêts, sur les villages, sur le Nord. Et comme elle aime la polyphonie, Zinc y invite les auteurs migrants et les anglophones aux textes traduits.

 

Plus d’une décennie après sa création, la « revue de la relève » peut se targuer d’avoir hébergé le travail d’auteurs respectés, révélé une panoplie de talents et mis au jour les œuvres de nombreux artistes visuels d’ici et d’ailleurs. Et c’est encore dans ses rangs que se forge l’avant-garde littéraire. Parce que Zinc est vibrante.

 

 

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