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NUMÉRO 49

AUTOFICTION

Certains auteurs sont incapables de dire la vérité ailleurs que dans la fiction. S’ils avaient à faire un autoportrait, ils produiraient une bluette sans importance pour se protéger de l’omniscience de leur mère, tairaient des pans importants de leur vie, toutes ces choses qui ne se disent pas en public. Ceux qui ont eu une vie palpitante mais interlope sont souvent contraints par un vœu de silence. La fiction leur ouvre des portes que le récit-réalité n’offre pas.

Mais il ne faut pas oublier que l’autofiction est également un mensonge et qu’elle nécessite une mise en forme pour briller. Égocentrisme, héliocentrisme, obsession maladive au sujet de son enfance, idées de grandeur, capacité extrême à poétiser l’ordinaire sont des postures qui nécessitent du courage.

Dans ce numéro de Zinc, nous avons posé des questions sur la fiction et l’autofiction à des éditeurs, écrivains et autres architectes du moi, spécialistes de la mémoire vive, spécialistes de fiction ou de récits-réalité. Jean Bernier, Perrine Leblanc, Olga Duhamel, Marie Darsigny, Daphné B., Véronique Grenier, Mélikah Abdelmoumen, Maryse Andraos, Rodney Saint-Éloi, Marie-Ève Thuot et Marie-Pier Lafontaine nous répondent avec aplomb.

Dans ce numéro, découvrez la photographie narrative de la sublime Andy Jon, une traduction du texte Sandstone de Rachael Moorthy, auteure vivant entre les îles de la mer des Salish et la Suisse, ainsi que des textes de Laetitia Beaumel, Maude Poissant, Roseline Lambert, Marie-Laurence Trépanier et Lucile de Pesloüan. Enfin, Daniel Grenier s’entretient avec Marie-Andrée Gill.