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NUMÉRO 42 SPÉCIAL REBELLES

L’exposition Présumées coupables présentée aux Archives nationales de Paris au printemps dernier proposait aux visiteurs des documents extraits du plumitif qui éclairait le langage utilisé par la justice dans le traitement des femmes du Moyen-Âge à nos jours. Des sorcières, des femmes coupables de «collaboration horizontale», des incendiaires et des empoisonneuses ont souvent été accusées de crimes qui n’en étaient pas comme celui de «céler» (cacher) une grossesse. L’exposition proposait une plongée en apnée dans le monde de femmes rebelles qui dérangeaient, qui n’avaient pas honte de continuer malgré les admonestations des autorités. Une courte vidéo montrait «les tondues», ces femmes qui se sont fait raser le crâne par de jeunes militaires rieurs sur les places fleuries de plusieurs villages français car elles avaient supposément couché avec l’ennemi souvent en échange de denrées alimentaires. Certaines pleuraient mais d’autres gardaient le dos droit, se relevaient, balayaient d’une main les mèches de cheveux tombées sur leurs épaules et marchaient avec fierté vers leur avenir, se foutant visiblement de la foule en délire devant ce spectacle d’humiliation. La lecture du procès-verbal datant de 1404 concernant l’accusation en sorcellerie portée contre Colline La Louve et l’interrogatoire du 4 août 1390 au Châtelet de Paris de Marion La Droiturière dite L’Estallée nous montrent que ces femmes n’avaient rien fait d’autre que de «manier des herbes, onguents et venins démoniaques».

 

Mais la femme rebelle n’est pas toujours une criminelle. L’artiste de renommée internationale Sophie Calle expliquait récemment sans sourire à un journaliste du New York Times qu’elle était enceinte de son chat. En 1761, la poète suédoise Hedvig Charlotta Nordenflycht écrivait La défense du genre féminin contre J. J. Rousseau citoyen de Genève. Toutes ces femmes réagissent avec courage contre une certaine idée de l’ordre établi. Elles présentent des contre-discours, se proposent comme porteuses d’un savoir occulté par la majorité.

 

Dans ce numéro de Zinc magnifiquement illustré par Cluca,  lisez un entretien très fort entre Naomi Fontaine et Daniel Grenier. Découvrez les textes puissants d’Amélie Panneton, Paul Ruban, Jonathan Livernois, Marjolaine Beauchamp, Delphine Naum et redécouvrez Marie-Josephte Corriveau à travers les yeux de Marie-ève Lacasse. En prime visitez le musée de l’imprimerie du Québec en compagnie de Laurence Gough.

 

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